Délai de rétractation de 10 jours : mode d'emploi complet
Point de départ, jours fériés, lettre type, conséquences : comment utiliser (ou ne pas perdre) votre délai de rétractation SRU après un compromis.
Par Théotime, fondateur d'immolio
Publié le · 5 min de lecture
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L'essentiel en 30 secondes
4 pointsLe délai de rétractation SRU est de 10 jours calendaires ; il démarre le lendemain de la première présentation de la lettre recommandée notifiant le compromis, ou de sa remise en main propre.
Aucun motif à donner : une lettre recommandée avec accusé de réception envoyée avant l'expiration suffit, le cachet de la poste fait foi.
Après rétractation, le dépôt de garantie doit vous être restitué intégralement dans un délai de 21 jours, sans retenue ni indemnité.
Passé les 10 jours, seules la non-réalisation d'une clause suspensive, une résiliation amiable ou la défaillance assumée (dépôt perdu) permettent de sortir du compromis.

Sommaire de l'article
Oui, vous pouvez encore reculer : après la signature du compromis, l'acquéreur non professionnel d'un logement dispose de 10 jours calendaires pour se rétracter, sans motif à donner et sans pénalité. C'est l'article L.271-1 du Code de la construction et de l'habitation, issu de la loi SRU.
Tout se joue sur trois détails pratiques : la date exacte de départ du délai, la forme de la lettre, et le sort du dépôt de garantie. Mode d'emploi complet, y compris pour ceux qui veulent employer ces 10 jours à autre chose qu'à douter.
Quand le délai commence exactement
Le délai court à compter du lendemain de la première présentation de la lettre recommandée qui vous notifie le compromis signé, ou du lendemain de sa remise en main propre (cas des signatures chez le notaire ou en agence, contre émargement). Les 10 jours sont calendaires : week-ends et jours fériés comptent.
| Situation | Point de départ du délai |
|---|---|
| Compromis notifié par lettre recommandée (papier ou électronique) | Le lendemain de la première présentation, même si vous retirez la lettre plus tard, ou jamais |
| Compromis signé chez le notaire ou à l'agence, exemplaire remis en main propre | Le lendemain de la remise, attestée par émargement |
| Dixième jour tombant un samedi, un dimanche ou un jour férié | Délai prorogé au premier jour ouvrable suivant |
Exemple : première présentation le mardi 3, délai courant du mercredi 4 au vendredi 13 inclus. Si le 13 est férié, vous avez jusqu'au premier jour ouvrable suivant pour poster votre lettre.
- Premiere presentationDéfinition
La date à laquelle le facteur se présente pour la première fois avec la lettre recommandée, que vous la retiriez ou non. C'est elle qui déclenche le délai, pas la date de retrait au bureau de poste : laisser dormir l'avis de passage ne fait gagner aucun jour.
Deux précisions qui tranchent des litiges. D'abord, chaque acquéreur doit être notifié : dans un achat en couple, une notification adressée à un seul des deux peut ne pas faire courir le délai à l'égard de l'autre. Ensuite, conservez tout (enveloppes, avis de passage, récépissés) : en cas de désaccord sur les dates, ces pièces font la preuve.
Comment se rétracter (lettre type)
Une lettre recommandée avec accusé de réception, envoyée avant l'expiration du délai, suffit : la date d'envoi fait foi, et vous n'avez aucun motif à donner. Adressez-la au destinataire prévu par le compromis (souvent le notaire ou l'agence qui vous a notifié l'acte) ; à défaut de précision, au vendeur, avec copie au notaire et à l'agence.
« Madame, Monsieur, Conformément à l'article L.271-1 du Code de la construction et de l'habitation, je vous notifie ma décision de me rétracter du compromis de vente signé le [date], portant sur le bien situé [adresse complète], au prix de [montant]. Je vous demande la restitution de l'intégralité du dépôt de garantie de [montant] versé au séquestre, dans le délai légal de 21 jours. [Ville, date, signature de chaque acquéreur] »
Trois règles de forme : chaque co-acquéreur signe (ou envoie sa propre lettre) ; l'envoi se fait en recommandé avec accusé de réception, papier ou électronique ; et n'expliquez rien. Une justification pourrait être discutée, l'absence de motif ne peut pas l'être.
Ce que vous récupérez, ce que vous perdez
Vous récupérez l'intégralité du dépôt de garantie, sans retenue : le professionnel qui le détient doit vous le restituer dans un délai de 21 jours à compter du lendemain de votre rétractation. Vous ne devez ni indemnité au vendeur, ni commission à l'agence, ni frais au notaire pour l'avant-contrat.
Ce que vous perdez : le bien, définitivement (le vendeur retrouve immédiatement sa liberté de vendre à un autre), et les frais engagés de votre côté, courtier le cas échéant, déplacements. Les diagnostics, eux, restent à la charge du vendeur.
Détail protecteur souvent ignoré : pendant le délai de rétractation, aucun versement ne peut vous être réclamé, sauf si le compromis est conclu par l'intermédiaire d'un professionnel disposant d'une garantie financière (notaire, agent immobilier) qui séquestre les fonds. Un vendeur particulier qui exige un chèque « pour bloquer le bien » avant la fin du délai est hors des clous : refusez.
Ces 10 jours ne servent pas qu'à se rétracter. C'est la dernière fenêtre pour vérifier le dossier sans frais de sortie : relisez le compromis avec notre checklist des 10 points, ou faites-le relire par un professionnel ou un outil d'analyse. Une alerte grave découverte au jour 8 s'arrête par une simple lettre ; la même alerte au jour 15 devient un problème juridique.
Après les 10 jours : les seules portes de sortie
Passé le délai, vous ne pouvez plus renoncer librement. Trois issues subsistent : la non-réalisation d'une condition suspensive (la voie normale), la résiliation amiable (avec l'accord du vendeur), et la défaillance assumée, qui coûte au minimum le dépôt de garantie.
- La condition suspensive non réalisée. Si votre prêt est refusé dans les conditions prévues au compromis, la vente est caduque et le dépôt vous revient intégralement. Encore faut-il que la clause ait été bien rédigée : c'est tout l'objet de notre guide de la clause suspensive de prêt. Même logique pour les autres conditions du compromis, comme l'exercice d'un droit de préemption par la commune.
- La résiliation amiable. Le vendeur peut accepter d'annuler d'un commun accord, souvent contre l'abandon de tout ou partie du dépôt. Tout se négocie, rien ne s'impose : formalisez l'accord par écrit, avec le sort précis du séquestre.
- La défaillance. Refuser de signer l'acte sans fondement juridique expose à la perte du dépôt de garantie, voire davantage si le compromis contient une clause pénale supérieure. Le vendeur peut aussi demander en justice l'exécution forcée de la vente.
La hiérarchie est claire : avant le jour 10, une lettre suffit ; après, il faut un fondement juridique ou un accord. Si vous doutez, ne laissez pas le délai expirer par indécision. Il ne se prolonge pas, ne se rouvre pas, et aucune bonne foi ne le ressuscite.
Questions fréquentes
Le délai de 10 jours compte-t-il les week-ends et jours fériés ?
Oui, ce sont 10 jours calendaires : samedis, dimanches et jours fériés comptent. Une seule exception : si le dixième jour tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, le délai est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant. Envoyez votre lettre recommandée au plus tard ce jour-là, la date d'envoi fait foi.
Le vendeur peut-il se rétracter lui aussi ?
Non. Le délai de rétractation de l'article L.271-1 ne protège que l'acquéreur non professionnel d'un bien à usage d'habitation. Le vendeur est engagé dès la signature du compromis : il ne peut s'en libérer qu'avec votre accord (résiliation amiable) ou en s'exposant aux sanctions prévues au contrat, dont l'exécution forcée de la vente.
Que se passe-t-il si le compromis ne m'a jamais été notifié correctement ?
Le délai ne commence pas à courir. Sans notification par lettre recommandée avec accusé de réception (ou remise en main propre dans les formes prévues), vous conservez votre faculté de rétractation bien au-delà des 10 jours, en principe jusqu'à la signature de l'acte authentique. Conservez les enveloppes, avis de passage et récépissés : ils font la preuve.
Sources et références
Écrit par
Théotime
Immolio est né un jour de double signature : sa copine et sa meilleure amie ont acheté leur appartement le même jour. Passionné d'immobilier, trois maisons locatives à son actif, Théotime a passé les semaines précédentes à répondre aux mêmes questions, à rassurer aux mêmes étapes du parcours et à relire les mêmes documents, en double. Deux dossiers, exactement les mêmes pièges. Immolio est l'outil qu'il a construit pour jouer ce rôle auprès de tous les autres acheteurs : analyser le bien, les diagnostics et le compromis, et signer sans mauvaise surprise.
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